une œuvre qui se construit pas à pas et pièce à pièce

Vers des territoires apprenants

Jean-Pascal Derumier

Jean Pascal Derumier tisse dans cet article les lien entre l’école, dont les enseignements prendraient en compte les enjeux d’un développement durable, et les enjeux éducatifs d’un territoire engagé dans la transition.

Cette approche, écrit-il, ne met acunement en cause l’exigence républicaine et la rigueur des enseignements dans une dominante active associée à une certaine rigueur dans la nature des apprentissages qui permettrait de rapprocher les conceptions de John Dewey et d’Émile Durkheim longtemps considérées comme incompatibles.

Jean Pascal Derumier est consultant, essayiste et citoyen engagé dans la transition économique, sociale et environnementale. Après une carrière à la SNCF, où il a notamment développé des compétences en ingénierie de la formation, management des organisations et management de l’innovation (10 ans passés à la direction Innovation et Recherche), il s’est orienté dans l’accompagnement des territoires et des organisations en transition. Il est aussi membre fondateur d’Innovation citoyenne et Développement Durable (ICDD) et l’Université du Bien Commun (UBC).

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Extraits :

  • Dans un univers de plus en plus riche, de plus en plus « prégnant » et où une grande partie du savoir de l’humanité est à portée de clic, la place et les méthodes de l’apprentissage, historiquement fondées sur la transmission, tendent à être (re)questionnées. Si l’on ajoute à cela les enjeux de la transition souvent très contextualisés, la diversité des savoirs souvent inscrits dans des spécificités locales et la complexité des transformations à opérer à tous les niveaux de la société, il devient difficile de continuer à penser une éducation formelle, dont l’école est le principal vecteur, déconnecté de son territoire.

  • Nos sociétés n’ont sans doute encore jamais comporté autant de personnes avec un niveau d’éducation individuel aussi élevé… mais elles n’ont peut-être jamais été aussi peu intelligentes collectivement par la faute d’un individualisme exacerbé. Or, la capacité d’une société à produire de la valeur et à démontrer de la résilience face aux difficultés rencontrées réside essentiellement dans le nombre et la qualité des liens constitutifs de ses compétences collectives, et plus globalement de son intelligence collective. Il est donc impératif de corriger cette tendance anomique en développant le plus possible la capacité de tous les acteurs d’une société « à faire corps » autour des enjeux du développement durable. Ce rôle incombe à l’ensemble du collectif éducatif et, pour une bonne part, à l’école.

  • Ces nouvelles exigences invitent les enseignants, et plus globalement l’ensemble des acteurs de l’éducation formelle, à s’ouvrir sur leur territoire en inventant de nouvelles formes de coopérations avec les différents autres acteurs, car l’espace de développement de ces compétences devient non seulement l’école elle-même, mais aussi son environnement immédiat.